Après une journée chargée, la respiration peut devenir plus courte et rester concentrée dans le haut du thorax. Les épaules se soulèvent davantage, la nuque se tend et une sensation d’oppression peut apparaître. Le diaphragme participe directement à chaque inspiration, mais son fonctionnement dépend aussi de la mobilité des côtes, du dos et de l’abdomen. Comprendre son rôle permet de mieux utiliser les exercices respiratoires et de savoir quand consulter.
Comprendre le rôle du diaphragme
Le diaphragme est un large muscle en forme de coupole. Il sépare le thorax de l’abdomen et s’attache aux côtes inférieures, au sternum et aux premières vertèbres lombaires. Des ouvertures le traversent pour laisser passer notamment l’œsophage, le système nerveux, l’aorte et la veine cave inférieure.
Il constitue le principal muscle de l’inspiration. Lorsqu’il se contracte, sa coupole descend. Le volume de la cage thoracique augmente, ce qui permet à l’air d’entrer dans les poumons. Pendant une expiration calme, le diaphragme se relâche et remonte progressivement.
La respiration sollicite aussi les muscles intercostaux. Lorsque la demande augmente, pendant un effort par exemple, des muscles situés autour du cou et du haut du thorax peuvent participer davantage. La ventilation dépend donc du travail coordonné du diaphragme, des côtes, des muscles respiratoires et des poumons.
Le mouvement diaphragmatique modifie également les pressions dans le thorax et l’abdomen. Il accompagne les mouvements des côtes et travaille avec la paroi abdominale, les organes et les viscères et le plancher pelvien. Le diaphragme est central, il est en relation avec le haut et le bas du corps et en contact direct avec le coeur, le foie et l’estomac. C’est pourquoi, une mauvaise respiration explique en partie une douleur digestive, cervicale ou lombaire.
Pourquoi le diaphragme peut-il sembler tendu ?
Le diaphragme ne se « bloque » généralement pas comme une articulation. Son mouvement peut toutefois devenir moins ample, asymétrique ou moins régulier dans certaines situations.
Une position assise prolongée, une douleur du thorax ou de l’abdomen, une activité physique exigeante et certaines maladies respiratoires peuvent modifier la façon de respirer. Le stress peut aussi accélérer la fréquence respiratoire et augmenter la participation des muscles du haut du thorax.
Quand la respiration reste rapide et haute, les muscles du cou peuvent être davantage sollicités. Cette adaptation peut parfois accompagner des tensions cervicales, sans en être nécessairement la cause principale.
Une sensation d’oppression, un essoufflement ou une douleur thoracique ne doit jamais être automatiquement attribué au diaphragme. Ces symptômes peuvent avoir une origine cardiaque, respiratoire, digestive, musculaire ou anxieuse.
Le regard de l’ostéopathie
La consultation commence par des questions sur la respiration, les douleurs, les antécédents et les circonstances d’apparition des symptômes. L’ostéopathe observe ensuite la mobilité du diaphragme lui-même, du thorax, des côtes, du dos et de l’abdomen. Il peut également examiner les régions cervicale et lombaire, qui participent aux adaptations respiratoires.
En pratique, un travail manuel autour des côtes, du sternum, du dos et de l’abdomen peut diminuer les tensions et faciliter le mouvement respiratoire.
Leur effet varie selon les personnes et la cause de la gêne. L’ostéopathie ne traite pas une maladie pulmonaire ou cardiaque et ne remplace pas une rééducation respiratoire lorsqu’elle est indiquée.
Le regard de la médecine traditionnelle chinoise
En médecine traditionnelle chinoise, la respiration est notamment associée à la fonction du Poumon. Une respiration courte, une oppression ou une fatigue peuvent recevoir différentes interprétations selon les autres signes présents.
Le praticien peut proposer des techniques visant la détente directe du diaphragme par pressions douces ou sur certains points à distance. Il peut également mettre en relation le diaphragme avec son lien à l’élément Terre (Estomac/Rate) et agir sur certaines vertèbres.
Quelques conseils
- faire une pause 3 fois par jour, position assise ou allongée,
- se poser, et à ralentir sa respiration,
- exécuter une fréquence respiratoire de 6 cycles (inspirations/expiration) par minute et ceci pendant 5 minutes,
- adopter une respiration abdominale, inspirer par le nez et expirer par la bouche
- allongez le temps expiratoire (deux fois plus long que le temps inspiratoire)
- changez régulièrement de position lorsque vous travaillez longtemps assis.
Une respiration lente peut favoriser l’apaisement, diminuer le rythme cardiaque et permet de se recentrer mentalement.
Conclusion
Le diaphragme joue un rôle central de part sa situation et sa fonction. Ayant de nombreux liens avec le reste du corps (nerveux, vasculaires ou musculaires), son dysfonctionnement peut s’exprimer de multiples manières et dans diverses régions. L’examen palpatoire et la connaissance des liens anatomiques donnent à l’ostéopathe la possibilité d’établir une stratégie de soin.
Si des symptômes de type palpitations, essouflement ou troubles digestifs persistent, une évaluation médicale et des examens complémentaires pourront être conseillés.
